Un goût d'éternité 7e partie : Anna et Giacomo : 1970 (2).
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Une petite ville du Texas comme il y en avait tant en ce jour de printemps de l’année 1970. Il faisait chaud, l’air lourd et moite rendait la température difficilement supportable tandis que le soleil brillait dans un azur sale, blessant la vue des rares passants et chalands. Les rues désertes sommeillaient sous une canicule précoce et, seul, le gérant du magasin général, sur le pas de sa boutique, s’éventait et s’essuyait régulièrement un front dégoulinant de sueur, espérant un éventuel client. En fait, le bonhomme attendait le car qui passait dans Main Street avec une précision d’horloge métronomique.
Enfin, l’autobus qui effectuait le circuit Corpus Christi-Victoria
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stoppa au centre de la grand-rue. Un unique voyageur en descendit. Vêtu assez pauvrement d’une vieille chemise usée au col échancré, d’un pantalon à la couleur délavée, tombant en accordéon sur les talons, et d’une paire de tennis autrefois blanches mais désormais grisâtres, l’inconnu hasarda quelques pas sur la route.
L’homme paraissait quelque peu déboussolé et ses traits rappelaient quelqu’un à un observateur attentif qui aurait déjà rencontré ce pauvre hère.
Gregory Williamson, le commandant porté disparu au Viêt-Nam en décembre 1967, faisait enfin sa réapparition sur le sol de la mère-patrie.
Soulevant un sac de toile qui avait connu de meilleurs jours sur ses maigres épaules, l’ancien militaire se dirigea de son pas traînant vers le magasin général. Une fois parvenu devant le gérant, il l’interpella d’une voix monocorde.
- M’sieur, un renseignement s’il vous plaît…
- Ouaip. Qu’y a-t-il pour votre service mon gars ? Vous avez l’air d’avoir connu de durs moments…
- Il y a bien un bureau de l’armée dans ce patelin ?
- Hon hon. C’est possible. En fait, il est dehors de la ville, à deux miles d’ici, au nord. Prenez la grand-rue, allez tout droit, puis longez le terrain vague. Si vous marchez d’un bon pas, vous y serez dans moins d’une heure.
- Merci, je vous suis fort reconnaissant pour tous ces détails.
- Mais, vous ne voulez pas un chapeau ? Avec ce soleil et cette température, vous risquez à tout le moins un malaise ou une insolation.
- Non, m’sieur. Merci… ça ira très bien. J’ai l’habitude des fortes chaleurs humides.
Après avoir salué de la tête le gérant quelque peu dépité, Gregory Williamson repartit sur Main Street de son même pas lourd et las. Néanmoins, une heure plus tard environ, il était reçu par un sergent en poste dans le bureau de recrutement de l’armée et là, il narra longuement son histoire.
Il avait été blessé, puis fait prisonnier par le Viêt-Cong.
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Ensuite, après plusieurs mois de détention, dans des conditions quasi inhumaines sur lesquelles il ne s’étendit pas, il avait réussi à s’évader d’un camp d’internement situé dans la forêt, et, après des jours d’errance faits de peur, de faim et d’attaques d’insectes, se cachant le jour, progressant la nuit au sein d’une jungle hostile, il avait fini par se retrouver dans un village du Laos. Là-bas, quelques femmes sans âge, des paysannes, l’avaient soigné.
Sa longue convalescence achevée, il tut ses délires, ses rechutes, secoué par la fièvre, il avait décidé de réembarquer pour les USA.
Ce récit fut mis en fiches et une enquête commandée par l’état-major commença. Or, aucun rapport de l’armée ne signalait l’évasion éventuelle d’un commandant américain d’un camp communiste vietnamien. Quelles étaient donc les raisons de cette lacune ?
Un rapport circonstancié avait bien été rédigé à l’adresse du Haut Quartier Général de Saigon. Il aurait dû parvenir au Pentagone par courrier spécial. Mais, inexplicablement, aucun double n’avait été prévu en cas d’incident ou de perte.
L’avion transportant ledit rapport s’était écrasé en haute mer, abattu par une rocket Viêt-Cong. Hasard, chance ? Allez savoir…
Toutefois, il s’agissait bien du véritable Gregory Williamson, commandant dans l’armée américaine. Tous les témoignages, toutes les analyses médicales concordèrent. Après cette enquête minutieuse, ledit officier réintégra le service actif mais à un poste beaucoup plus calme. Conservant son grade, le commandant Williamson devint le chef du bureau principal de recrutement de Californie, dont le siège se situait à San Diego.
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Or, justement, Johann van der Zelden, le vrai, qui, en 1970, n’avait que quatorze ans, allait venir habiter l’Etat de Californie avec sa mère Gladys et sa sœur Christina. La jeune femme avait en effet trouvé un emploi intéressant près de L.A.
Malgré son jeune âge relatif, l’adolescent se montrait doué pour tout ce qui concernait les chiffres, la comptabilité et les statistiques. Ainsi, il maîtrisait avec bonheur les mécanismes de gestions commerciales, faisant l’admiration de ses professeurs. Au contraire de Christina, condamnée aux redoublements, il sautait des classes. Rien n’était trop difficile pour lui. C’était pourquoi Gladys songeait à l’inscrire dans une université réputée dès qu’il aurait achevé ses études secondaires.
La meilleure université de l’Etat, dans le domaine économique, se situait justement à Los Angeles. Tout s’annonçait bien pour Johann hormis le fait que sa jeune sœur lui causait des soucis.
Stephen Möll avait le même âge que son lointain cousin. Coïncidence ou pas, ses parents venaient également de s’établir à L.A. Obtenant des résultats remarquables dans différents domaines telles les mathématiques, la physique et la chimie sans oublier l’électronique, ses réussites étaient aléatoires en géographie, en histoire ou encore en latin. A la maison, lors de ses loisirs, il trafiquait la chaîne stéréo, améliorant ses performances, montait des postes de radio transistors, construisait des automates électriques ou s’adonnait à cette science naissante du traitement des données par ordinateurs. Pour ce dernier passe-temps, il se rendait sur le campus d’une université secondaire et, avec le soutien de quelques professeurs, le tout jeune homme, pouvait passer quelques heures dans d’immenses salles où se trouvaient un grand nombre de computers.
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Voyant combien l’aîné de ses fils était doué, Dietrich avait pris la décision d’inscrire Stephen à Caltech dès la fin de ses études secondaires. Tant pis pour les sacrifices exigés.
Au cours des années 1970-1971, Humphrey Grover s’avérait être le véritable deus ex machina de l’empire Athanocrassos, faisant pratiquement comme bon lui semblait, finançant en sous-mains le putsch d’un certain Amin Dada en Ouganda, travaillant en secret à la chute de Salvador Allende,
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devenu président du Chili depuis 1970. Ainsi, il allait dans le même sens que la CIA et fréquentait donc des agents troubles américains.
Mais ce n’était pas tout, loin de là, dans les actions répréhensibles.
Le clone du Commandeur Suprême était également l’un des chefs clandestins du trafic de la cocaïne au Mexique, mêlant sans remords politiques et activités hautement illicites. Son but n’était-il pas de pourrir une jeunesse déjà gavée par une société de consommation rayonnante ? Les hommes de mains de Grover opéraient en Italie et dans les plaques tournantes d’Amsterdam et de Marseille au sein de la french connexion. La mafia l’aidait parfois à éliminer tous les individus, policiers ou juges qui se trouvaient sur son chemin, tentant de dénoncer les odieux trafics du gros homme.
Toutefois, au Mexique, une organisation de guérilleros avait vu le jour et s’était constituée dans la plus grande clandestinité afin, tant faire se pouvait, d’entraver les actions du groupe Athanocrassos. Le magnat financier n’était naturellement pas au courant des agissements crapuleux de son empire.
Un black-out total régnait donc, d’autant plus qu’au sein du gouvernement, Humphrey Grover bénéficiait d’appuis importants. Le secrétaire d’Etat à la défense ne saurait rien des abominables moyens répressifs usés contre les guérilleros chargés d’intercepter les convois mortels de drogue.
Les valeureux combattants sud-américains étaient guidés par un agent temporel originaire du 41ème millénaire, l’un des prédécesseurs de Michaël.
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2044.
Dans une immense salle souterraine aux murs de béton froids et tristes, une centaine d’hommes, venus de tous les horizons, s’étaient rassemblés afin d’écouter le tout dernier rapport de la commission terrestre chargée de répertorier toutes les ressources d’une planète moribonde. Et, peut-être, de donner un peu d’espoir à l’humanité.
Ce fut le président de la commission qui ouvrit la séance. Il s’agissait d’un individu de taille élevée, aux cheveux blancs coupés en brosse, portant lunettes et au visage ascétique marqué de rides profondes. D’une voix grave, il prit la parole.
- Messieurs, un peu de silence, je vous prie. Nous allons tout d’abord écouter le rapport du professeur Zoltan Karadec, un rapport qui abordera les dernières ressources énergétiques dont, pour l’heure, nous disposons, afin d’assurer une éventuelle survie de la race humaine. Comme vous le savez tous, après l’envoi de douze satellites géostationnaires qui ont scruté le sous-sol de notre planète, sondé les abîmes océaniques, puis transmis leurs données ainsi collectées, au professeur Karadec, son équipe, composée des meilleurs spécialistes actuels, a pu parvenir aux conclusions dont il va nous être fait lecture dès maintenant. Professeur, c’est à vous.
Alors, un petit homme chauve, chaussant des lunettes rondes, le menton orné d’une barbe noire en pointe, vêtu d’une blouse blanche élimée en coton, les poches de son vêtement encombrées de stylos et de crayons, se leva de son siège et monta à la tribune. Ensuite, tout en remettant de l’ordre dans ses papiers, il toussota afin de s’éclaircir la voix et commença, hésitant quelque peu tant ce qu’il allait dire était crucial.
- Messieurs, je vous dirai en peu de mots ce qu’il en est exactement. L’heure est grave et tous, ici, en êtes conscients. Désormais, nous ne pouvons plus nous permettre la moindre perte de temps. Toutes les observations, tous les examens et les études concordent. Nous avons recoupé les données de nos douze satellites. Un terrible conclusion s’impose : si nous continuons à gaspiller les dernières richesses de notre planète, nous nous retrouverons totalement démunis dans moins de deux années. Non ! Ne vous récriez pas ainsi. Oui, tel est le triste bilan de nos ressources présentes. Oh ! Je vois que certains d’entre vous vont m’objecter que nous sommes tout à fait capables de mettre en route des énergies de substitution, comme les énergies marémotrices ou encore géothermiques. Théoriquement, cela est exact. Mais il s’agit là d’un espoir trompeur.
Pourquoi me demanderez-vous ? eh bien, parce que nous avons dépassé le point de non-retour. Les ressources énergétiques classiques de la Terre sont quasiment épuisées. Mais s’il n’y avait que cela ! C’est oublier les ressources minérales. Le fer, la bauxite, l’uranium, le lithium, les terres rares, coltan, tantale, niobium, ont disparu également. Quant à l’énergie marémotrice, inutile d’y penser dans un si court délai car nous n’avons matériellement pas le temps de construire les infrastructures nécessaires pour en bénéficier au plus vite. En effet, il faut compter cinq ans pour parvenir à un résultat probant et bénéfique pour tout un chacun. Oui, telle est la triste réalité. Nous ne disposons pas de cinq ans, messieurs.
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Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir alerté les différents dirigeants et gouvernements des pays du monde. Depuis plus de vingt ans, nous tirions la sonnette d’alarme mais personne ne voulait nous écouter et nous croire. Tous les colloques, les conférences, les sommets de la Terre, démontraient les risques que nous encourrions en poursuivant le gaspillage incontrôlé de nos ressources minières, pétrolières. Or, après les accords internationaux signés en 2010, nous avons cessé d’avoir recours à l’énergie atomique. Et ce, partout sur la planète. Vous en comprenez tout comme moi les raisons : la terrible et destructrice Troisième Guerre mondiale…
Toutefois, nous n’étions pas prêts à user d’énergies de substitution et nous avons fait marcher à plein régime nos centrales à charbon, nous avons déboisé et encore déboisé. Avec le résultat prévisible mais pourtant ignoré par nos donneurs d’ordres : la pollution, la hausse des températures, l’assèchement de nombreux fleuves, les tempêtes et cyclones plus destructeurs que jamais, l’élévation du niveau des océans, leur acidification et leur flore et leur faune en voie d’extinction, les inondations catastrophiques qui ont ennoyé le Bengladesh, Taïwan, le delta du Mississipi, l’engloutissement de la côte Est des Etats-Unis, etc. Je stoppe ici car l’énumération complète serait trop longue.
Dans ce sombre tableau, des hommes responsables ont enfin écouté nos doléances. C’est ainsi que différents gouvernements ont eu le courage de financer le programme de la construction et du lancement desdits douze satellites.
Malheureusement, le retard pris est trop important. Nous sommes condamnés à la disparition…
Des « oh », des « ah » retentirent dans la salle, répercutés par les murs.
Zoltan peina à rétablir le calme. Enfin, le silence revenu, il reprit.
- Oui, je le répète, nous sommes condamnés à l’extinction et toute la faune et la flore également. Mais, il existe un espoir encore, un infime. Celui de découvrir dans l’espace d’autres planètes habitables ou, à défaut, d’autres sources d’énergie et de minerais. Ainsi, nous pourrions subsister, enterrés, pour quelques milliers d’années, à l’intérieur d’immenses cavernes. Bien évidemment, il y aurait des pertes, mais l’espèce serait sauvée.
La Confédération des Etats terrestres nous a proposés ceci : monter une mission ayant pour objectif d’envoyer un vaisseau interstellaire jusqu’aux limites de notre système solaire, voire jusqu’à l’étoile la plus proche, en l’occurrence Alpha du Centaure.
En toute honnêteté, je dois vous faire part d’un hic : notre technologie actuelle ne nous permet pas d’envoyer un observateur ou un collecteur d’informations jusqu’à Alpha du Centaure pour un voyage de courte durée.
Mais… un certain professeur Müller, oui, le célèbre professeur Gerald Müller, de citoyenneté américaine, docteur en physique, docteur en astronautique, en électromagnétisme appliqué, adonné à la mise au point d’un moteur à fusion quantique, s’est mis à notre disposition pas plus tard que le mois dernier. Ainsi, grâce à l’aide qu’il a bien voulu nous apporter, nous pourrons construire un engin susceptible de traverser l’espace à une vitesse luminique.
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- Luminique, ce sera encore trop lent ! lança un physicien au poil grisonnant. Alpha Centauri est distante de nous de plus de quatre années-lumière !
- Le professeur Müller le sait pertinemment, rétorqua Karadec d’un ton sec. Le vaisseau envisagé pourrait, si tout se déroule selon les schémas prévus, dépasser cette vitesse et, se déplaçant alors dans l’hyper-espace, atteindre Alpha du Centaure en un temps record.
Messieurs, ce projet exige de nous tous la plus franche collaboration, le secret le plus total et… un peu de foi. Tous les pays composant la Confédération sont d’ores et déjà d’accord pour financer cette expédition hors normes. N’allons pas les décevoir et tomber dans les travers de nos hommes politiques de jadis !
Le professeur Müller s’est porté volontaire pour être le premier voyageur à franchir les espaces sidéraux par-delà notre système solaire. La commission de contrôle n’a pu lui refuser ce privilège de risque sa propre vie à la réalisation de ce projet. Présentement, Gerald, tout comme une centaine d’autres astronautes, subit des tests de toutes sortes afin de juger la résistance des organismes humains se mouvant et travaillant dans des conditions extrêmes, voire si les corps sont aptes à supporter des vitesses luminiques.
Un type trapu, au teint bronzé, à l’accent hispanique prononcé, interrompit Zoltan Karadec.
- En quoi au juste consiste la découverte du professeur Müller ?
- Comment expliquer en peu de mots ? eh bien, professeur Gonzales, Müller a appliqué la théorie des champs unitaires au voyage intersidéral. Le projet est en bonne voie d’achèvement. Pour le moment, je suis en mesure de vous affirmer que nous n’avons eu aucun pépin et…
- En un mois à peine, vous avez abouti à de tels résultats ? s’étonna le Sud-Américain.
- Un moteur identique, mais à l’échelle 1/24ème a déjà été testé avec succès en laboratoire, fit Zoltan d’un ton ferme. Pour l’heure, Gerald Müller a promis que nous pourrions dépasser le luminique 1 d’ici quelques semaines. Comprenez-vous pleinement ce que cela signifie, messieurs ? Dans quelques mois, un astronaute voyagera dans l’hyperespace, au cœur de la quatrième dimension !
- En théorie, cela est impossible !
- Non. Désormais, cela est possible, grâce au professeur Müller. Nous devons croire intensément à ce projet. C’est là notre seule porte de sortie, la seule chance qu’il reste à l’humanité de perdurer. Songez-y, messieurs, si, jamais, le vaisseau ne se déplaçait qu’à une vitesse subluminique, d’un iota, tout espoir serait anéanti. Quant à nous, nous aurions sombré, au mieux dans l’anarchie et la sauvagerie, nous serions réduits à l’état d’hommes préhistoriques, au pis, nous ne serions que des squelettes ou encore de la poussière d’os. Imaginez la panique lorsque nous ne pourrons plus fournir ni électricité ni énergie à nos usines et à nos grandes agglomérations. Tous s’entretueraient et les survivants oublieraient bien vite le vernis fragile de la civilisation.
Un autre assistant posa une question.
- Pouvons-nous vraiment avoir confiance en ce Müller ? Tout d’abord, qui est-il ?
- C’est un homme âgé d’une quarantaine d’années. Il est le fils d’Anthony Müller, lui-même professeur réputé de physique, désormais à la retraite. Gerald Müller a travaillé pour le centre de recherches aéronautiques et spatiales nord-américain. Tout comme nous, il déplore l’état lamentable de nos ressources, l’épuisement définitif de celles-ci. Divorcé, père de deux enfants, il se consacre entièrement à la recherche, soucieux du devenir de l’humanité. De plus, pacifiste convaincu, il a refusé, dans son jeune temps, d’effectuer son service militaire. Il n’a accepté de se mettre au service de la Confédération que parce la situation était devenue quasi désespérée. C’est un homme qui aime travailler sans contrainte. Alors, nous ne lui demanderons qu’un rapport mensuel et le laisserons libre.
Je tiens à vous signaler qu’une autre réunion est prévue pour demain soir. Monsieur le président vous en dira plus à ce sujet. Je pense que vous pourrez y faire la connaissance de Gerald Müller. Il a promis d’y participer.
Ayant terminé son intervention qui allait susciter de nombreuses questions, Zoltan Karadec regagna sa place, au milieu de l’assistance, tandis qu’un autre intervenant, d’origine française, un dénommé Martin Pivert, chargé du rapport sur l’état des recherches agronomiques, avançait en direction de la tribune.
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9 novembre 1970. Colombey-les-deux Eglises. 19 heures 30.
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Devant son poste de télévision, le général de Gaulle, assis dans son fauteuil préféré, avait entamé une réussite. C’était là un de ses passe-temps favoris. Mais il jetait aussi un œil distrait sur les actualités régionales.
Or voici que, soudain, le grand homme s’immobilisa. Son visage se crispa comme si l’ex-président de la République était frappé d’une douleur autant subite que violente dans la poitrine. Son corps s’affaissa sur la table, semant le désordre parmi les cartes étalées.
Yvonne, son épouse, qui se tenait dans la même pièce, se leva, inquiète, et se précipita vers son mari. Elle lui demanda d’une voix où l’émotion transparaissait :
- Vous sentez-vous mal, Charles ?
Elle ne reçut aucune réponse audible.
Il était désormais trop tard pour le général.
Le lendemain, un des grands quotidiens français, parmi les plus lus, titra : La France est veuve.
Les représentants de tous les pays du monde se pressèrent aux obsèques du « plus illustre des Français ».
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