Un goût d'éternité 7e partie : Anna et Giacomo : 1969 (2).

 

Naples, 26 avril 1762.

 Description de l'image Teatro de San Carlos, Nápoles, Italia, 2023-03-25, DD 184-186 HDR.jpg.

Dix heures du matin venaient de sonner aux différents clochers de la grande cité. Celle-ci s’adonnait à ses activités habituelles avec des vendeurs à la sauvette, des mendiants, des éclopés, des marchands des quatre saisons, des pêcheurs, des cabaretiers qui hélaient d’éventuels clients, des moines et des prêtres, des processions en faveur de quelques saints obscurs, des tire-pots, des nobles avec leurs épées battant les flancs, et des prostituées aux yeux rougis par le manque de sommeil, en quête d’un déjeuner sous les yeux inquiets de leurs souteneurs. 

 

S’étalant paresseusement au soleil, la ville dégageait une fétide odeur où se mêlaient les effluves du crottin abondamment versé par les chevaux et les ânes, les remugles des eaux stagnantes et du poisson pourri, les relents de crasse émanant des corps jamais lavés des miséreux bien trop nombreux.

Parmi tous ces gens anodins, Stephen, Michaël, Archibald et Giacomo déambulaient dans les innombrables ruelles étroites aux pavés inégaux, levant parfois le regard en direction de maisons plus ou moins branlantes aux murs mal blanchis, mais surtout baissant régulièrement la tête afin d’éviter les linges étendus sur les cordes, les vases de nuit vidés par les fenêtres par des servantes ou des mégères qui n’avaient aucun égard pour les passants éventuels. 

 

Le ciel limpide semblait se moquer de tout cela, l’air déjà chaud vibrait sous le soleil éclatant. L’astre éclairait sans pitié les rues d’une saleté repoussante avec leurs caniveaux charriant des immondices puantes et des boues nauséabondes. A ce tableau, il fallait y rajouter la dimension sonore car, partout, retentissaient mille clameurs, mille appels dans une langue colorée et imagée. Le martèlement des sabots ferrés des chevaux sur les pavés, le roulement bruyant des charrettes et des vraquiers, les exclamations plus ou moins injurieuses des conducteurs, les conversations des rentiers, il y avait de quoi faire perdre patience à nos tempsnautes peu habitués à une telle presse. Archibald n’y tint plus. Bousculé, ses narines agressées par la puanteur des lieux, il marqua son mécontentement. 

 

- Ce n’est pas possible ! Je suis dans un cauchemar. Que c’est sale et que ça pue ! J’ai beau être réputé pour mon laisser aller, je ne suis pas accoutumé à côtoyer une telle saleté ! Même les Indiens d’Amazonie sont plus propres que ça.

Des mendiants s’agrippaient aux basques de nos intrus car ceux-ci étaient bien vêtus et respiraient non l’opulence mais une douce aisance. De plus, ils fleuraient bon le savon et on voyait qu’ils étaient bien nourris. D’une voix grinçante, ils apostrophaient les quatre amis.

- La charité, mes bons seigneurs… Dieu vous le rendra.

-  Holà, holà, marauds ! Stop ! S’écria Stephen rudement, s’adressant à cinq enfants en haillons qui dansaient autour de lui, lui réclamant de la menue monnaie.

Effrayés par la voix de stentor du professeur, les cinq garnements reculèrent de conserve, non sans se priver toutefois d’insulter l’étranger dans une volée d’injures incompréhensibles.

Le neveu d’Archibald grimaça et lança avec une moue qui en disait long sur la déception ressentie :

- Je ne voyais pas Naples comme cela !

Amusé et émerveillé, Perretti lui répondit :

- Oh ! Je me suis déjà rendu à Naples. Ici, en cette année 1762, je puis dire qu’il s’agit de la même ville. Naples sera toujours Naples. Vivante, colorée, exubérante même, aux mille senteurs agressives, mais si attachante dans l’ensemble.

Avec son sourire discret, Michaël proféra :

- Hum… Naples sera toujours Naples… toujours… Giacomo, en êtes-vous si sûr ? l’éternité… Un concept qui vous échappe, je pense. Mais… cela est tout à fait normal. Après tout, qu’est-ce que l’éternité ? vous savez, à mon époque, il n’y a plus ni Italie ni Europe même. Alors, dans ce cas, Naples, toujours présente, si semblable à elle-même, cette idée est risible. Une dérision que cette pensée à mes yeux. 

 

Quelque peu irrité de recevoir ainsi la leçon, Giacomo n’en reprit pas moins la conversation.

- Ne sommes-nous pas ici afin de préserver autant que faire se peut la civilisation et le continuum espace-temps ? Du moins c’est ce que j’avais cru comprendre lorsque vous êtes venu me chercher, ami Michaël.

- Ouais… en tout cas, c’est le prétexte qui m’a été donné, grommela Archibald. Oh, je ne vous en veux pas, boys ! En fait, nonobstant la crasse, les effluves malodorants, les inconvénients multiples de se retrouver dans le passé, je suis content car je vis une aventure merveilleuse. Au fait, il ressemble à quoi le dénommé della Chiesa ? Je suppose que ni vous, Michaël, ni Stephen n’avez sa photo ou son portrait.

- Mon oncle, tout portrait ou dessin du philosophe est inutile car nous avons mieux.

-  Comment cela ? S’enquit l’ex-baroudeur.

- Michaël et moi-même avons déjà rencontré Antonio par le passé, compléta Stephen. Nous venions de l’année 1993. Mais, pour le chevalier napolitain, cet événement est encore à venir. Autrement dit, lorsque nous allons le voir bientôt, ce sera pour nous notre deuxième visite mais bel et bien pour lui la première. Sacré paradoxe… mais, désormais, j’en ai l’habitude. 

 

- Dis-m ’en un peu plus, mon neveu.

- Tout simplement, Michaël et moi-même nous nous sommes rendus à Naples mais en 1763… du temps de Rodolphe, notre ancêtre commun. Je sais, c’est un tout petit peu compliqué… en réalité, nous étions partis de Ravensburg en 1877.

- Ouille ! Ma tête ! s’écria Archibald, exagérant sa réaction. Mon neveu, aie pitié d’un cerveau prosaïque un peu lent… kid, je sais bien que tu as l’habitude de jongler avec les années, les voyages temporels, mais ce n’est pas mon cas.

- Avec un peu de pratique, cela viendra, Archibald, articula l’agent temporel avec le plus grand sérieux.

Mais quelle que fût la suite de ce qu’il escomptait dire, Michaël marqua une pause puis fit :

- Tiens… Quel détail incongru et inattendu. Vous ne remarquez rien, vous trois ?

- Quoi ? Interrogea Stephen d’une voix bourrue.

- La machine à vapeur à quelques mètres de nous, insista l’Homo Spiritus. 

 La réplique du fardier à Bar-le-Duc en juillet 2015

- Ah ! Oui… Vous avez raison d’être intrigué, Michaël, renchérit le professeur de physique appliquée.

Manifestement, Stephen Möll venait enfin de s’apercevoir que quelque chose clochait.

- Il s’agit de della Chiesa. Il roule sur cette espèce d’automobile à vapeur avant l’heure. Plutôt bizarre… nous avons pourtant décortiqué sa biographie sous tous les angles et jamais nous n’avons lu qu’il avait été aussi un des précurseurs de Cugnot avec son fardier. 

 

Perretti, à qui les conséquences profondes de ce petit détail échappaient, nullement inquiet, marmonna :

- Simple oubli, sans doute…

- Je ne le pense pas, jeta Michaël en levant ses sourcils clairs. Quelque chose de grave vient de se produire.

- Bon sang ! Gronda Stephen. Vous pâlissez. Expliquez-vous.

- Je ne parviens plus à entrer en contact avec moi-même.

- Qu’est-ce que cela signifie ? Questionna Giacomo avec son fort accent.

- Durant toutes mes missions, dans tous mes déplacements temporels, j’ai toujours gardé le contact avec mes confrères, mes doubles… y compris lorsque je suis démultiplié à plusieurs endroits à la fois. Or, actuellement, ce n’est pas le cas. Mes signaux ne reçoivent aucun écho. Cela revient à dire que je suis coupé d’avec moi-même.

- Euh… dans ce cas, nous ne nous trouvons pas dans le temps réel, la bonne chronoligne, grimaça le chercheur américain.

- Tout à fait. Tu as fait des progrès, Stephen, consentit à dire Michaël, usant du tutoiement vis-à-vis du professeur, ce qui dénotait son trouble profond.

- Hello, kids, doucement ! Réagit Archibald. J’ai du mal à saisir. Où sommes-nous donc ? Surtout, quand sommes-nous ? Allons, mon neveu, fi de ce regard apeuré, explique à un vieux de la vieille la situation. Elle n’est pas si désespérée, non ?

- Oncle Archibald, obéit Stephen d’une voix qui se voulait assurée, si c’est le Commandeur Suprême qui a déclenché une harmonique temporelle non désirée, pour nous égarer, et que celle-ci en est encore à ses débuts, nous avons toujours la ressource de revenir au temps réel, à la bonne chronoligne…

- Pourquoi ?

- Parce que Michaël est outillé pour cela. Mais, s’il s’avère que cette harmonique a débuté depuis plus longtemps, alors, elle va s’enraciner, se substituer à la première, devenir définitive.

- Quel est le risque pour nous ? Hasarda Giacomo.

- Adios les gars ! Nous serons foutus !

- Pas d’affolement, Stephen, ordonna Michaël. Je suis encore ici, présent parmi vous. Vous ne vous êtes pas effacés. Donc, cette harmonique n’est que légèrement déviée et n’a pas commencé depuis… dix secondes. Quinze au maximum. Concentrons-nous. Vous aussi… Holà ! Tout tourne…

- Itou pour nous, jeta en écho le professeur.

- Le temps se remet en place… oui, ça y est… Repères… OK… contacts… OK… échos normaux…

- Pardon, mais je ne vois aucune différence, objecta Archibald.

- Naturellement, fit l’Homo Spiritus avec un rien d’agacement. Le changement était infime. Cependant, cette harmonique enclenchée s’avère quelque peu inquiétante en réfléchissant. Les Douze Sages semblent manquer d’attention. Or, mes pouvoirs sont limités. Je ne peux pas tout réparer. Certes, je suis apte à résorber de multiples harmoniques, mais… si tout venait à se détraquer à la fois, à différents embranchements du temps réel, le seul autorisé, eh bien, je ne pourrais agir avec succès. Pourquoi ? Parce que les spirales s’interpénètreraient alors indéfiniment, de même pour les cercles se démultipliant en des reflets de plus en plus inexacts, de plus en plus flous, pour, à terme, ne plus ressembler à rien.

- Ouille ! Inutile de nous dire ce qui se passerait ensuite, s’effraya Archibald.

- Pourtant, je le dois. Si cela advenait, nous serions véritablement perdus. Nous disparaîtrions au sein du Néant infini… il ne resterait de nous pas même des traces, un peu comme ces châteaux de carte qui s’effondrent à la moindre pichenette. Ou comme des songes jamais concrétisés.

- God ! Jeta Stephen. Michaël, serais-tu en train de sous-entendre que les Douze Sages sont assez cinglés pour laisser faire le Commandeur Suprême ? Pourtant, les S ont tout intérêt à empêcher cela.

- Hélas ! J’en suis tout à fait conscient, reprit l’interpellé. Mais…

Michaël hésita une brève seconde.

- Ils sont trop vieux, dit-il sourdement. De mémoire d’agent temporel, ils ont toujours existé. En fait, ils étaient présents bien avant ma civilisation. Ils sont âgés de plusieurs millénaires. Leur existence se perd quelque part dans le passé, remontant peut-être jusqu’à la civilisation post-atomique numéro 1… Le bruit court qu’ils seraient antérieurs à celle-ci. Dans cette hypothèse, ils seraient alors les douze Savants ayant réchappé à la Grande Catastrophe de 2045. Métamorphosés à la suite d’un phénomène inexpliqué, ils seraient alors devenus les guides, les créateurs de nouvelles civilisations, dans le but de pérenniser l’intelligence sur la planète Terre.

- Il nous faut faire confiance à des séniles ! Grommela le professeur américain.

- Ce ne sont tout de même pas des dieux ? Frémit Perretti.

- Non… ce sont des entités de lumière, une lumière qui ne peut jamais s’éteindre, son énergie jamais épuisée… insensible à l’Entropie. Je sais bien que cela paraît impossible. Toutefois, mes semblables ignorent la source d’approvisionnement des Douze S. En fait, ils ne sont pas si éloignés du stade suprême, celui de l’intelligence pure, de l’énergie pure, inaltérable. Encore un degré sur l’échelle de l’évolution, et les S auront rejoint l’Unicité du Temps, le Créateur par excellence, le Grand Ordonnateur.

 Description de l'image Sablier.JPG.

- Pourquoi n’appelez-vous pas le Grand Ordonnateur, Dieu tout simplement ? lança Giacomo judicieusement.

- Parce que vous, Homo Sapiens, vous connotez ce terme de sentiments et d’émotions qui n’ont rien à voir avec moi. Je veux être neutre et objectif. Mais, en fait, Grand Ordonnateur, Dieu, c’est la même chose, cela désigne la même Entité…

- Admettons, opina Archibald. M’est avis que vous ne croyez qu’à ce qui est prouvé et enregistré dans vos fichues archives…

- En effet. Mais… attention. Voici Antonio della Chiesa. Voyez, il sort de son appartement afin de promener son chien. Allons l’aborder, voulez-vous ? Après tout, nous sommes ici pour cela. Parlerai-je le premier ou est-ce que je vous en laisse le privilège Giacomo ?

- Merci pour cette marque de confiance, jeune homme, mais non. Je suis bien trop ému. Je suis incapable de trouver les mots adéquats. Alors, faites… à vous l’honneur. De plus, vous vous exprimez admirablement en napolitain.

- Je n’y ai aucun mérite, s’inclina Michaël.

Les quatre intrus temporels se présentèrent donc au chevalier della Chiesa. Ils déclarèrent qu’ils étaient des chercheurs venus de Grande-Bretagne, appartenant à l’Université de Cambridge et, avec leur ami romain, Giacomo, ils étaient particulièrement intéressés par les ouvrages portant sur les automates, automates issus du génial cerveau de leur interlocuteur.

- Messieurs, je suis sincèrement honoré de faire votre connaissance, proféra Antonio avec sincérité. J’ignorais que ma renommée fût telle qu’elle avait traversé le continent et atteint l’Angleterre. Toutefois, messieurs, vous m’excuserez de ne pas vous inviter à prendre une collation chez moi sur l’heure. Pepino, mon chien, doit aller faire un tour. Êtes-vous descendus à une bonne auberge ? 

 Image illustrative de l’article Carlin

Tandis que l’animal flairait avec intérêt les chaussures de ces messieurs, Perretti prit enfin la parole.

- A vrai dire, signore della Chiesa, fit Giacomo avec la même civilité, nous venons à peine d’arriver à Naples. Nous nous méfions un peu de la salubrité des auberges de la ville.

- Vous avez mille fois raison, signore Perretti. Après la promenade de mon chien, je vous invite à passer quelques jours chez moi.

- Merci pour votre offre généreuse, s’inclina le philosophe.

- Ce n’est rien. Ainsi, je pourrai discuter sciences avec vous…

Les cinq hommes déambulaient paisiblement à travers les ruelles de la cité. Ils parlaient de tout et de rien, du temps clément pour la saison, de l’état d’abandon de la voirie, des églises et des prêtres qui étaient fort nombreux dans la ville mais évitaient d’aborder la politique et le despotisme qui régnait en cette époque charnière.

Quant à Pepino, il allait et venait autour des nouveaux compagnons de son maître, agitant la queue, intrigué particulièrement par l’agent temporel. En effet, ce dernier ne dégageait aucune odeur corporelle.

Finalement, Pepino se mit à aboyer avec colère contre l’Homo Spiritus.

- Ma che ! Qu’est-ce qu’il te prend, Pepino ? Vas-tu arrêter à la parfin ? Je ne te comprends pas. Toi, si placide d’habitude… Veuillez l’excuser, signore Xidrù.

Alors, lentement, l’homme du futur leva sa main droite et, doucement, très doucement, se mit à caresser la tête de Pepino. Aussitôt, le chien se calma. Mieux, sa gueule parut sourire de contentement. La bête haleta et lécha Michaël. Ce dernier ne marqua aucune répulsion au contact de la langue râpeuse du carlin.

Ce fut alors que se produisit la deuxième déviation temporelle. Cette fois-ci, le Commandeur Suprême avait usé de la grosse artillerie. L’adorable carlin se métamorphosa en un chien berger allemand des plus farouches, du genre chien de gendarmerie de la Seconde Guerre mondiale. Une de ces bêtes utilisées à l’encontre des clandestins et des convois de déportés vers les camps de la mort… 

 

- Bloody Hell ! Rugit Stephen qui s’étranglait d’étonnement. Michaël ! Pincez-moi. Des chemises noires en plein XVIIIe siècle. Je n’ai pourtant pas la berlue, non ? Nous nous trouvons toujours en 1762, que diable !

- Oui, bien sûr, répondit della Chiesa, ayant abandonné tout ton civil.

En fait, c’était un Antonio della Chiesa fort modifié qui avait répondu au professeur américain. Désormais, le chevalier était vêtu d’une façon plus qu’étrange, pas simplement anachronique. Son habit était bel et bien un habit de velours avec basques, retroussis, gilet, dans le goût rococo et un peu ridicule des années 1760. Mais les chaussures à boucles avaient été remplacées par des bottes noires style militaire 1940. Or, ce n’était pas tout. Sur le col de la chemise, un hausse-col identique à celui porté par les armées hitlériennes. Ladite chemise n’était plus blanche à manches de dentelles et au jabot itou, mais noire et coupée à la mode du XXe siècle. La coiffure était également à l’avenant, les cheveux roulés en bandeaux et légèrement poudrés comme il se devait pour une personne bien née, mais, de plus, le tout était surmonté d’un casque de bersaglieri. 

 

Nous avions donc une série d’interférences temporelles, une suite de parasitages, comme si deux époques s’étaient télescopées et étaient en train de dérailler. Visiblement, le Commandeur Suprême s’amusait avec les nerfs des tempsnautes, il testait grandeur nature les capacités de Michaël.

- Les chemises noires qui vous intriguent tant, reprit della Chiesa sur un ton fier et quelque peu bravache, ce sont les gardes du corps de Sa Majesté Benito II, qui, présentement, nous fait l’insigne honneur de séjourner dans notre bonne ville de Naples. Ma cité lui est fidèle, comme tout Italien qui se respecte. D’ailleurs, j’ai pu lui présenter mes hommages avant-hier et me suis incliné avec grâce devant son illustre personne.

- Benito II ? Quelle est donc cette carabistouille ? Suffoqua Archibald.

- Vous n’êtes pas sans savoir, fit le chevalier comme s’il n’avait pas entendu ou compris la réflexion de mister Möll, que Benito II est l’arrière-petit-fils de Benito Premier, celui qui réunifia l’Italie, infligeant à François V de France, la désormais célèbre défaite de Castiglione.

- Mes aïeux ! Quelle salade ! Bredouilla Stephen qui ne se sentait pas très bien.

- Benito II Mussolini, sans doute, questionna Giacomo.

- Oui, il s’agit bien là du nom de la dynastie de notre souverain.

- Mama mia ! C’en est trop pour moi. La tête me tourne. Un vertige me prend… je me sens si faible tout à coup…

- Il Diavolo ! Monsieur Perretti s’estompe. 

A suivre... 

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