Un goût d'éternité 6e partie : Otto : 1965 (1).
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Au début de cette année nouvelle, Franz von Hauerstadt eut la surprise de recevoir un télégramme en provenance de Normandie, plus précisément de la région d’Etretat.
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Il était signé d’une certaine Marthe Bonchemin, un nom qui ne lui disait absolument rien. Naturellement, il était rédigé en français. En fait, il émanait de l’infirmière à domicile de Raoul d’Arminville. En vérité, le vieil homme, désormais nonagénaire, était mourant et l’aide-soignante, tout en s’excusant, avait cru bon de fouiller dans les papiers et les affaires de son malade afin d’avertir la famille du proche décès de celui-ci. En substance, la missive demandait à monsieur von Hauerstadt de venir au plus vite au chevet de Raoul, ce dernier ayant réclamé sa présence lors de ses rares moments de lucidité.
Fort peiné par cette triste nouvelle, Franz eut une discussion avec Lisbeth et tous deux prirent l’avion pour le vieux continent.
Lorsque le couple, après avoir loué une berline, parvint aux environs de la propriété de Raoul d’Arminville, Elisabeth fit part de ses craintes à son mari.
- Seigneur ! Dans quel état allons-nous trouver ce pauvre homme ? Sera-t-il encore en vie, d’ailleurs ?
- Nous n’avons pas reçu d’autres télégrammes, ma chérie. De plus, nous avons fait au plus vite. Il y a moins de trente-six heures que nous connaissons l’état de santé de Raoul.
- Aurions-nous dû amener avec nous les enfants ?
- Je ne le pense pas. Cela nous aurait retardé. Raoul m’a réclamé. Pas François ou Cécile.
- D’accord. Nous reconnaîtra-t-il ?
- Ne t’inquiète pas davantage, Liebchen, c’est inutile.
Après une dizaine de minutes dans le silence retrouvé à l’intérieur du véhicule, tandis qu’une pluie fine tombait et qu’un vent aigre soufflait, la berline, une Peugeot 404
de couleur claire, stoppa devant un coquet pavillon orné de volets en bois peints en blanc, aux façades à colombage et au toit de chaume caractéristique. Des balcons égayaient les murs extérieurs mais pour l’heure, comme c’était l’hiver, ils n’étaient pas fleuris. On devinait à l’arrière une charmille tout aussi dépouillée.
Franz sortit de la voiture et s’avança jusqu’à la grille de la charmante demeure. Là, avisant une sonnette, il l’actionna et un tintement doux résonna se faisant entendre jusqu’à l’intérieur de la villa typiquement normande. Moins d’une quinzaine de secondes plus tard, une femme aux cheveux gris retenus par des épingles, vêtue d’une robe bleu-de-roi avec un tablier blanc, s’en vint et demanda :
- C’est pourquoi ?
- Avant-hier au soir, j’ai reçu ce télégramme, commença Franz d’un ton neutre où ne perçait aucun accent étranger.
- Ah ! Ma doué ! s’exclama alors la domestique. C’est madame Bonchemin qui vous l’a envoyé… alors, vous devez être monsieur von Hauerstadt. Entrez, entrez… vous étiez tant attendu. Mais… vous n’êtes pas venu seul à ce que je vois.
- Non, en effet, mon épouse Elisabeth m’accompagne.
- Tant mieux. Monsieur Raoul n’arrêtait pas de parler d’elle lorsqu’il était encore en bonne santé. Il n’avait que son nom à la bouche.
- Euh… monsieur d’Arminville est-il ?
- Il respire encore, dort beaucoup mais, d’après le médecin, ce n’est plus qu’une question de jours, d’heures peut-être…
- Puis-je entrer ainsi que mon épouse madame… ?
- Mariette Germain… bien sûr. Où ai-je la tête ?
Comprenant que Franz allait pénétrer dans le pavillon, Elisabeth s’empressa de sortir de la berline et le rejoignit. Enveloppée dans un manteau en pure laine angora, des bottillons de couleur marron aux pieds, madame von Hauerstadt entra à l’intérieur et se retrouva dans un minuscule hall où une patère attendait son contenu de vêtements mouillés. Sur le sol, un vieux tapis à la teinte passée dont on devinait encore les rouges dominants.
- Où est Raoul ? questionna le duc d’une voix sourde.
- A l’étage, première porte à gauche, répondit Mariette. Madame Bonchemin est à son chevet. A vrai dire, elle ne le quitte pas. Pardonnez-moi, madame von Hauerstadt, mais donnez-moi votre manteau…
- Merci, madame Germain.
- Oh ! Mais vous êtes Normande, vous ?
- Oui, c’est vrai… je suis native de la région, de Sainte-Marie-les-Monts. Je croyais que j’avais perdu mon accent depuis le temps.
- J’ai l’oreille fine, madame. Il s’est atténué mais il est toujours là.
Après avoir donné son manteau à Mariette, Elisabeth monta au premier alors que Franz se trouvait déjà assis près de son géniteur. La jeune femme prit son temps pour s’habituer au triste spectacle qu’elle avait sous les yeux. La chambre paraissait confortable, délicieusement meublée dans le style Restauration avec des aquarelles sur les murs, une armoire en bois clair et une commode où était posé tout un tas de flacons, de potions et de médicaments. Le lit d’origine avait été remplacé par un lit médicalisé tandis qu’un fauteuil de garde-malade était disposé près de la couche du nonagénaire. Des relents de maladie flottaient dans l’air confiné de la pièce. Marthe Bonchemin prenait le pouls de son patient avec des rides marquées sur le front.
- Mm… ce n’est pas très bon, murmura-t-elle pour les visiteurs. Le cœur est irrégulier.
- Il dort ?
- Non… Il est éveillé, mais il reste souvent ainsi, les yeux fermés, se remémorant un passé plus agréable.
Courageusement, Lisbeth dévisagea le vieil homme. Comme il paraissait fragile dans ces draps blancs, la tête appuyée sur un coussin orné de dentelles ! Tout chenu, amaigri, ayant perdu au moins vingt kilos, le cheveu rare, le poil itou, le visage aussi ratatiné qu’une vieille pomme… un pyjama bleu lavande le couvrait alors qu’un édredon avait été rabattu au pied du lit. La face parcheminée était à peine reconnaissable.
- Il nous entend ? s’inquiéta Elisabeth.
- Oui, assurément, madame.
- De quoi… souffre-t-il ?
- D’un cancer généralisé, au dernier stade, monsieur von Hauerstadt. Présentement, il est sous morphine mais cela ne lui fait presque plus rien.
- Pourtant, il a l’air si… paisible, s’étonna le duc.
- Détrompez-vous. Monsieur d’Arminville est un dur-à-cuire, voilà tout. En voulez-vous la preuve ? Voyez ses mains. Parfois, elles se crispent sous les élancements de la douleur.
Se penchant vers le visage ravagé de Raoul, Franz l’appela doucement à l’oreille.
- Raoul, je suis ici. Je suis venu avec Elisabeth aussi vite qu’il m’a été possible.
La réaction tarda mais, enfin, d’Arminville ouvrit les yeux et son regard trouble et hésitant finit par se poser sur la silhouette de von Hauerstadt.
- Franz ? Je ne rêve pas ? Elisabeth, ma bru de la main gauche, je ne la vois pas…
- Je me tient devant vous, monsieur Raoul, articula Lisbeth d’une voix tremblante.
- Approchez-vous donc ! commanda le malade aussi fermement qu’il le put.
D’un pas timide, la jeune femme obéit.
- Ah ! Ce parfum, je le reconnaîtrais entre mille, souffla Raoul en humant les effluves de Shalimar qui provenaient de la duchesse. Cela me change de ces affreux relents médicamenteux habituels.
Péniblement, aidé par Franz, le nonagénaire se redressa sur son coussin.
- Vous n’avez pas changé… vous avez conservé votre merveilleuse teinte acajou, Elisabeth. Aussi chic qu’il y a… combien déjà ? Vingt ans ?
- Dix, monsieur Raoul, le détrompa Lisbeth.
- Oui… Il y a vingt ans, vous étiez plutôt dans la dèche, ma chère…
Alors, d’Arminville se mit à rire mais son rire s’étrangla vite dans sa gorge.
- Monsieur, se fâcha Marthe, rallongez-vous… vous vous montrez fort imprudent.
- Quoi ! Ce n’est pas tous les jours que j’ai à mon chevet et mon fils et ma belle-fille adorée ! S’emporta le malade. Je veux pouvoir en profiter tout mon saoul, fichue rabat-joie ! Allez ! oust ! Foutez-moi le camp et ne revenez que dans une heure au moins. C’est un ordre !
- Mais… monsieur… je dois encore vous administrer trois pilules et ce cachet… sans oublier votre piqûre…
- Montrez-moi ce qu’il faut faire, dit Franz. Je m’en chargerai.
- Euh… vous savez faire les piqûres ?
- Je l’aiderai, madame Bonchemin, sourit Elisabeth.
- Dans ce cas, vous avez gagné, monsieur d’Arminville, céda l’infirmière. Voici les médicaments. Vous les lui faites avaler dans cet ordre. Puis, dans une demi-heure, vous lui donnez sa piqûre…
- Compris, répondit von Hauerstadt.
De bonne grâce, Marthe descendit au rez-de-chaussée et alla dans la cuisine prendre un café avec une tranche de pain beurré.
A l’étage, une conversation feutrée reprit entre Raoul, Elisabeth et Franz.
- Merci d’être venu, mon fils. C’est cette commère de Marthe qui vous a prévenus, tous les deux, hein ?
- Oui… J’ai reçu avant-hier soir à Washington son télégramme, confirma le duc.
- Je vois. Elle a fouillé dans mes affaires… comme toujours.
- Ne vous emportez pas… mon père… il le fallait. Pourquoi nous avoir caché votre état de santé ?
- Je ne voulais pas vous inquiéter, mes enfants. De toute manière, j’avais donné l’ordre de vous prévenir lorsque j’aurai défunté.
- Hum… cela aurait été trop tard, mon père.
- Tu tenais à me faire tes adieux, Franz…
- Bien évidemment ! Vous êtes mon géniteur…
- … après tout… Merci de le reconnaître sans honte, fils… au fait, savez-vous de quoi je vais trépasser ? D’un foutu cancer ! La faute à pas de chance, non ?
- Euh…
- Je ne sais pas si je n’aurais pas préféré mourir sénile ! j’ai toute ma tête malgré ces médicaments, ces poisons que Marthe me fait avaler !
- Oh ! Monsieur Raoul, ne dites pas cela, surtout, s’écria Elisabeth.
- Pourquoi ? Je n’ai pas le droit de me mettre en rogne contre ce crabe de mes deux ? Il est en train d’avoir ma peau alors que j’en ai vu d’autres durant ma foutue trop longue existence.
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- Ce n’est pas cela, murmura Franz dans un soupir. Mes grands-parents sont morts en ayant perdu la… tête.
- Ah ! Ouais… je crois l’avoir appris… mais j’avais oublié. Pardon, fils, pardon… La souffrance, l’égoïsme me font dérailler. Es tut mir leid…
- Oui, c’est comme cela que l’on dit en allemand, opina le duc.
- Tu vois, je sais encore dévider mon jars en langue étrangère…
- Depuis quand savez-vous que vous êtes malade ? S’enquit Lisbeth.
- Oh ! Depuis dix mois…non… onze… et Marthe, ce chien de garde femelle est ici, à demeure, depuis septembre.
- Ne soyez pas trop dur avec elle, mon père. Elle ne fait que son travail.
- Oui, sans doute, mais elle m’espionne, la garce… je ne peux plus fumer, je ne peux plus manger de bons petits plats, des soles à la Normande, par exemple, ou encore boire de temps à autre un bon verre de Bourgogne… j’en suis réduit à avaler ces potions, une cuillerée ou deux de potage… et c’est tout…
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- C’est pour votre bien, insista Elisabeth.
- Je crève de faim, je meurs sous les privations…
- Là, restez calme… je vais vous donner votre première pilule… ensuite…
- Ensuite… dodo, le vieux schnock, conclut amèrement Raoul d’Arminville.
Le nonagénaire accepta d’avaler toutes les pilules et le cachet. Déjà à moitié endormi, il ne tressaillit même pas lorsque Franz lui fit sa piqûre de morphine. Bientôt, son souffle se fit régulier. Raoul avait sombré dans un sommeil sans rêve.
S’étant assuré que son père dormait bel et bien, Franz s’entretint avec Lisbeth et avec l’infirmière qui venait de regagner la chambre de son patient. Tous trois firent le point sur la santé de Raoul d’Arminville.
Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1965, Raoul d’Arminville rendit l’âme dans les bras de Franz. Le duc avait assisté son père jusqu’à la dernière seconde. Avant de mourir, le nonagénaire avait marmonné d’une voix à peine audible, « Jean, où est Jean ? ». Cette question s’adressait à son fils légitime, enlevé alors qu’il n’était qu’un nouveau-né en 1899. Franz s’interrogea sur ce prénommé Jean, ne comprenant pas de qui il s’agissait. Elisabeth l’éclaira au petit-matin alors que le Germano-américain avalait vite fait une tasse de café noir avant de téléphoner aux autorités afin de signaler le décès de Raoul d’Arminville.
- Mon chéri, il doit s’agir de son premier fils.
- Comment sais-tu cela ?
- Oh ! J’ai lu le compte rendu littéraire du biographe attitré de notre malheureux Raoul dans mon jeune temps. Les « romans » de Maurice Leblanc.
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Mon père, je m’en souviens très bien, n’avait guère aimé lorsque je m’étais plongée dans certaines des aventures d’Arsène Lupin, notamment ses démêlés avec la fausse comtesse de Cagliostro. Il disait que ce n’était pas de mon âge. Mais, moi, j’empruntais tout de même ces ouvrages à la bibliothèque municipale et je les lisais en catimini.
- Tu étais fasciné par cet homme extraordinaire.
- Tout à fait. Et voilà qu’il est mort et qu’il repose là-haut. Jamais je n’aurais pensé le connaître un jour. Tu vois, il appartenait à la légende, au mythe.
- Je comprends tes sentiments, Lisbeth.
- Toi, comment te sens-tu ?
- Troublé, chagriné, bien sûr.
- Qui est à son chevet, maintenant ?
- Marthe.
- A-t-il laissé des directives pour ses obsèques ?
- Oui, évidemment. Je vais me charger de contacter qui de droit.
- Si tu le souhaites, je peux t’aider…
- Volontiers. Merci, mon amour.
Alors que le sieur d’Arminville passait dans un monde meilleur, une figure incontournable des jours sombres de la Seconde Guerre mondiale avait déjà fait de même quelques jours auparavant. L’ex-premier ministre de Grande-Bretagne, sir Winston Churchill, nonagénaire comme Arsène Lupin, était décédé le 24 janvier 1965. Le pays prit le deuil et le Président Charles du Gaulle rendit au vieux lion un hommage plus que mérité.
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L’enterrement de Raoul d’Arminville eut lieu, sans grande cérémonie, quatre jours après son décès. Quelques amis et connaissances assistèrent à l’office funèbre et, notamment, François Granier. Désormais notable, approchant des cinquante ans, le frère d’Elisabeth convoitait le poste de sénateur de sa circonscription alors qu’il était maire d’une grande ville de Normandie. Toujours inscrit au MRP, il savait donner des sourires et serrer les mains à ses futurs électeurs. Le bonhomme n’avait été guère surpris à la vue de sa sœur qu’il reconnut non sans mal. Où était passée la jeune fille vêtue sans façon d’une jupe à carreaux et d’une blouse assortie, le tout coupé dans de la toile, ou encore d’une robe trop courte d’un bleu lavande passé ? Apprêtée avec un art consommé, maquillée sans excès, un mouchoir de soie tamponnant ses yeux, madame la duchesse von Hauerstadt, malgré son manteau noir, sa toque en fourrure, ses chaussures à talons fins, n’avait plus rien à voir avec l’adolescente de jadis. Quant à l’époux, il savait se faire discret dans son costume trois pièces impeccable, sa cravate de prix, répondant aux questions de monsieur le maire du village d’une manière amène, éludant ses véritables liens de parenté avec le défunt.
Plus qu’ému devant la peine sincère éprouvée par sa sœur cadette, François, qui était venu seul, se rapprocha d’Elisabeth après l’enterrement et entama un échange difficile avec cette dernière.
- Tu m’en veux encore depuis le temps, Elisabeth ?
- Pas vraiment. Mais, je crois que nous n’avons plus rien en commun, toi et moi.
- Je n’ai pas oublié que j’étais le parrain de François, petite sœur.
- Ah ! Ce n’est pas ce qu’il m’avait semblé durant toutes ces années.
- Ton fils doit avoir vingt ans…
- Presque. Dans quelques jours, il les fêtera. Il n’a pas eu besoin de ton amour, de ton aide… il n’a plus jamais réclamé ta présence dès qu’il a eu huit ans, tu sais. Il avait compris.
- Pardon. J’ai entendu dire que tu avais eu d’autres enfants.
- Oui, mais ils ignorent ton existence, François et ils ne s’en portent pas plus mal.
- Là, tu es dure…
- Non. Tu mérites ces paroles.
- Je te répète que je suis désolé.
- Si tu insistes. Au fait, le petit pavillon, qu’est-il devenu ?
- Euh… je l’ai vendu en 1952…
- Sans m’en informer, bien entendu.
- J’ignorais alors où tu vivais.
- Oui, une coïncidence qui t’a bien arrangé, mon cher.
- Pas du tout.
- Je n’en crois rien. Tu es toujours resté en contact avec ce malheureux Raoul, n’est-ce pas ?
- Euh… oui, avoua François d’une voix sourde.
- Alors, ce n’était pas bien difficile de connaître mon adresse.
- Lui la savait, mais… je ne lui ai jamais posé la question.
- Merci pour cet aveu.
- Va-t-on en rester là, Elisabeth ?
- Non… puisque tu sembles sincère dans tes regrets, j’oublie ce que tu as pu me faire. La vente de la maison familiale par exemple, là où se trouvaient tous les souvenirs heureux de mon enfance.
- Mais également d’autres moins agréables, ma chère sœur.
- N’insiste pas, veux-tu ?
- Accepterais-tu une bise fraternelle ?
- Pourquoi pas ?
De bonne grâce, Elisabeth tendit sa joue à François. Il embrassa sa jeune sœur, la serrant contre son cœur tout en lui murmurant à l’oreille :
- Pardon, oui, pardon. Je regrette mon attitude de jadis, et si je pouvais revenir en arrière, tout changer, je le ferais, crois-moi, Elisabeth.
Ces paroles eurent pour effet de déclencher le fou-rire chez madame von Hauerstadt. Devant cette attitude incompréhensible, François fronça les sourcils et demanda :
- Ah ! Mais qu’ai-je pu dire de si risible ?
- Excuse-moi. J’espère que le reste de l’assistance ne s’est pas aperçu de mon attitude si inconvenante. Si tu savais, mon frère chéri, si tu savais…
Après lui avoir rendu son baiser, la duchesse se rapprocha de Franz et écouta l’échange que ce dernier avait avec l’avoué de Raoul d’Arminville. Quant à François Granier, troublé, il resta figé durant dix bonnes secondes avant d’aller écouter la conversation entre monsieur le maire et madame Bonchemin.
Si Elisabeth avait ri, c’était bien sûr à cause des recherches menées à bien par son mari concernant le déplacement temporel. Or, elle ne pouvait révéler ce secret à personne, naturellement.
A la fin de la journée, les von Hauerstadt promirent à monsieur Granier, futur sénateur, de lui écrire régulièrement. François fit de même. Il tint parole et jusqu’à sa mort, une longue correspondance fut échangée entre la Normandie, les Etats-Unis, la Guyane ou encore la RFA.
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