Un goût d'éternité 6e partie : Otto : 1958 (4).
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Au soir du 6 juillet 1995, Johann van der Zelden écoutait le rapport complet de Xaxercos sur les missions effectuées par ce dernier dans les années 1957-1958. L’Ennemi s’empressa ensuite de transmettre toutes les données au Commandeur Suprême Ainsi, il feignait encore l’obéissance. Quant à l’hybride homme-robot, il reçut directement de nouveaux ordres de l’IA orgueilleuse et totale. Sans émotion aucune, le Commandeur parla à l’homme synthétique à la manière d’un maître s’adressant à un écolier stupide.

- Rentrez-vous bien ceci dans le crâne, élément Xaxercos, si toutefois vous avez un cerveau : l’année 1959 sera cruciale à plus d’un titre. Il s’agit de la clef de voûte, de la pièce maîtresse de mon plan. Bientôt, tout bientôt, vous affronterez Michaël. Eliminez-le par tous les moyens. Pour parvenir à ce but, faites preuve d’imagination, je vous laisse carte blanche. De même, empêchez Otto, Franz et Wladimir de nuire à Pierre Duval. Le homard galonné ne compte pas. Si Johann est mon bras droit, Pierre Duval est mon bras gauche. Son rôle est primordial. Il incarne un autre moi-même, un Avatar précieux. Quant au clone de Johann, désormais, il va devoir lutter dans quatre périodes de temps simultanément. 1911-1913, 1925, 1959-1960 et, enfin, 1993-1998. Mon bras droit est ubiquiste, il se démultiplie. Qu’importent sa bilocation, sa trilocation, sa quadrilocation ! Johann de 1995 influence celui de 1993 qui prête la main à celui de 1996 tandis que celui de 1998 apprécie le coup de pouce de son alter ego plus jeune que lui de trois ans. C’est pour cela, Xaxercos, c’est dans l’objectif de votre totale efficacité et efficience que vous ne devrez pas hésiter à risquer la désintégration afin de réduire Michaël et Stephen à néant. Je sais que l’agent temporel vient d’amorcer sa contre-offensive. Allez, et réussissez !
- Oui, Commandeur Suprême, opina le séide artificiel.
La communication s’interrompit tandis que Xaxercos se préparait au sacrifice.
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23 mai 1706.
A Ramillies, près de la Méhaigne, affluent de la Meuse, le maréchal de Villeroy
fut battu par Marlborough.

La défaite française fut terrible. Les armées du roi Louis XIV connurent une véritable déroute. Le vieux monarque se sentait las et accablé. Il voyait se ternir sa gloire, les rayons de son soleil.
Dans le salon de la Guerre, il demeurait pensif. A ses côtés, le maréchal de Villeroy ne parvenait pas à atténuer le trouble de son souverain. Les lèvres de Louis XIV proférèrent ces paroles désabusées :
- Monsieur le maréchal, on n’est plus heureux à notre âge.
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772.
Le roi des Francs, Charles Premier, menait sa première campagne contre les Saxons. Il s’empara de la ville d’Ehresbourg et ordonna la destruction de l’idole Irminsul,
un gigantesque tronc d’arbre mort, d’aspect peu avenant. Les soldats francs, vêtus de broignes de cuir et de métal,
combattirent avec vaillance et les guerriers saxons insoumis qui refusaient le baptême, connurent un sort cruel, la décapitation, sous les ordres de Charles. Il en alla de même pour les civils. Telles étaient les mœurs à cette époque.
Or, cette résistance ne mettait nullement le roi en fureur, c’était pour lui chose courante. Dans sa foi candide religieuse, il marmonnait :
- Je les ferai chrétiens malgré eux. Je veux sauver tous mes frères, sauver leur âme, Dieu me l’ordonne. Tout le peuple doit emprunter le chemin de la Cité de saint Augustin.

Or, quelques temps auparavant, à la cour du roi des Francs, venait d’arriver un mage qu’on disait quelque peu sorcier. Charles, dont la superstition était aussi forte que la foi, se le fit présenter. L’homme mystérieux prétendait connaître les secrets du Temps et de la Mort. D’une stature aussi imposante que le monarque, il arborait des cheveux d’un noir de jais, coupés d’une étrange façon. Pendant librement sur les épaules à l’arrière, ils étaient courts devant. Sa vêture s’avérait d’un faste tout barbare en cela qu’elle mêlait la soie, l’or et la laine de chameau. C’était comme si Byzance avait croisé la Mongolie sur la route de Samarkand. La barbe parfumée foncée exhalait une fragrance de jasmin. Ses yeux bleus, presque noirs, scrutaient leurs interlocuteurs au plus profond de leur âme. Vêtu de pourpre et d’or, de sinople et d’argent, il éblouissait, il fascinait, il effrayait.
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Sous cette apparence quelque peu surprenante, le moindre des agents temporels ou même Stephen n’auraient pas été dupes. Ils auraient démasqué Johann van der Zelden. Que manigançait donc le richissime financier dans ce VIIIe siècle barbare et de quel Johann s’agissait-il ?
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Le 2 janvier 1959, le livre d’Otto Möll, Demain l’électromagnétisme, sortit enfin de presse aux Etats-Unis. Il aurait un grand succès pour un ouvrage scientifique, annonçant les best-sellers futurs de Stephen Hawking et d’Hubert Reeves.
Il s’en vendit en effet près de 100 000 exemplaires rien que pour le territoire états-unien.
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