Un goût d'éternité 6e partie : Otto : 1965 (3).
Château de Ravensburg, 4 décembre 1965. C’était un samedi soir. La grande horloge à balancier du hall indiquait 20 heures 35. Le propriétaire des lieux venait d’achever un souper frugal, suivant en cela les recommandations de son médecin. Il s’était contenté d’avaler une aile de poulet accompagnée de haricots verts et d’une compotée de poires. Pour boissons, un seul verre de vin et un thé parfumé à la bergamote, afin de mieux dormir. Détendu, le sexagénaire demanda à sa femme de charges, une Bavaroise d’origine d’un âge certain, à l’esprit très terre à terre, de le laisser seul dans le salon. Pour être certain de ne pas être dérangé, il lui accorda sa soirée. Assuré ainsi de sa tranquillité, Otto s’installa confortablement dans un profond fauteuil de cuir, siège qui faisait face à une vitrine dans laquelle était renfermé l’automate. Sur sa gauche, un feu de bois brûlait, atténuant l’humidité de la pièce aux hauts ...